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It's a part of me I never know.

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Unnatural-Desires

Description :

Une symphonie de début
de fin du monde. Muse ♥

Tu touches à mon avatar & je refais
la face. Oui oui, c'est sérieux. Faites gaffe.





> It's a part of me I never Know. <




« I'll be there as soon as I can
But i'm busy mending broken
Pieces of the life I had before »
Unnatural Desires; troisième partie.

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F I C T I O N--T E R M I N E E
______________________________________________________________________________________________________

Prenez tout d'abord un coeur... non disons deux coeurs. Puis un décor, disons la ville de Teignmouth, puis donnez-moi une date. On va supposer que l'histoire commence en 1996, un beau mois de juin dans une station balnéaire, où grandissent trois hommes tout fraîchement sortis de l'adolescence, et que la musique meuble et occupe leur petie vie. Ils ont tout lâchés, comme leurs études au grand désespoir de leurs parents, pour vivre leur passion au maximum, misant sur des concours-tremplin nommés Battle of the Band, très fréquent dans cette région du Devon où il ne se passe jamais rien. Cette fois, c'est la bonne, se disent-ils. Mais l'amour va y mettre du sien... autant dire que je ne fais pas dans l'original 8D.
Je
tiens à rappeler que cette histoire n'est qu'une fiction irréelle, à partir de personnages réels, comme l'indique clairement son nom de fiction. Certains détails et évènements ont été volontairement changés, par nécessité ou ignorance, et que certaines choses peuvent sortir tout droit de mon imagination. Je comprends que le chapitre n°1 n'est pas très clair, l'histoire commençant par la fin, j'ai volontairement laissé ce chapitre flou, mais je peux vous dire que c'est Matthew qu'on y considère. Le chapitre n°1 rejoint le chapitre n°9.

Ceci est une fiction homosexuelle, autant l'annoncer, et je m'en excuse pas auprès des homophobes. Les temps changent, les moeurs évoluent, donc vous avez le choix: soit vous vous adaptez comme vous vous êtes habitués à voir Nicolas Sarkozy comme président français, soit vous pouvez fermer votre petite fenêtre. Merci de la grande compréhension que vous accordez, si je puis me permettre.
Je ne
force personne à lire cette fiction, je ne force personne à la commenter, mais si vous le faisiez, ce serait à mon grand plaisir. Voir ainsi son maigre travail récompensé par un petit mot gentil, encourageant, il n'y a rien de mieux, et je vous en remercie grandement. Je me suis appliquée à faire les montages, et surtout pris le temps de les faire (ce que je zappe habituellement par sa chiantude), donc je ne veux sous aucun prétexte les retrouver sur votre blog, au risque de vous faire lyncher par la rare gente skyrockienne qui passe par ici.
Et p
our finir, si vous voulez une présentation de moi-même, je dirais juste que je suis une jeune fille de quatorze ans tout frais et qui, comme vous pouvez le remarquez, n'a rien d'autre à faire que d'écrire. Je ne suis pas une chieuse de chapitres permanente, et encore moins une boîte à idées. Donc prenez votre mal en patience.
______________________________________________________________________________________________________


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#Posté le vendredi 20 août 2010 00:04

Modifié le mercredi 04 mai 2011 09:14

. P_R_E_M_I_E_R_E_-P_A_R_T_I_E Chapitre n°1 (ou prologue) .

_Un jeune homme s'avançait, titubant, l'air complètement désorienté, dans la rue noire déserte à peine éclairée par quelques lampadaires, assez espacées pour marcher incognito dans une merde dégueulasse. Ses longs cheveux rabattus derrières ses oreilles laissait à penser qu'il s'agissait d'un fumeur de substances illicites dépendant et vivant grâce à une seringue remplie de shit en tout genre et il avait un visage aux traits froids et durs, accentués par l'éclairage faible et cru de la rue. Un sourire psychopathe se dessinait imperceptiblement sur son visage. Son maigre corps semblait sur le point de s'écrouler sur le sol comme un vulgaire sac d'os. Malgré tout, quelque chose de profondément triste et étrange enveloppait cet être ténébreux.
« Dominic, Christopher.
_L'alcool m'enivre, je le sens qui bouillait dans mon estomac tel un volcan en éruption s'apprêtant à ôter la vie à des dizaines de personnes. Sauf que je sentais, je pressentais que c'était ma vie qu'il allait prendre. J'ai l'impression qu'il s'infiltre dans mon sang, qu'il bouche mes veines, mes poumons, et qu'il me paralyse jusque dans les doigts de pieds, en passant par mes capacités intellectuelles et mes organes mâles excessivement sensibles. Je le sentis remonter lentement en moi et le sens comme éteindre mes cordes vocales. Mais qu'importe, je me sentais planer, dans un septième ciel aux couleurs hippies, si colorés et si vives que j'en ai mal aux yeux. Mes yeux. Ils ne semblaient pas voir, tout ce que je distingue en ce moment est une lumière crue, en levant ma tête. Cette lumière m'aveugle, elle semble brûler mes globes oculaires au plus profond de leurs orbites. Pitié arrêtez. Arrêtez, je ne veux pas souffrir, pas encore. Ferme les yeux. Ferme tes yeux, ferme-les...»
_L'homme s'écroula à terre. Il a une respiration haletante, l'air lui paraît suffocant. Sa poitrine se soulève au gré de son souffle difficile ; le pauvre va mourir si personne ne l'aide. Sa tête tourne instinctivement sur le côté, mais le corps ne suit pas. D'un coup, on entend dans le néant de la nuit une toux violente, un bruit horriblement étouffé comme de quelqu'un à qui on aurait obligé de boire un litre de sang coagulé. Puis le silence se fit, et les ténèbres semblent happer ce corps inerte. Un sourire triste resta figé sur ses lèvres fines.


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#Posté le jeudi 08 juillet 2010 03:04

Modifié le vendredi 17 septembre 2010 06:08

. Chapitre n°2 .

_Je m'appelle Matthew, je viens d'avoir 18 ans. Pourtant, ce n'est pas ce que me renvoie le reflet du miroir. La plupart des gens normaux sont contents d'avoir enfin le droit de rentrer dans des boîtes torrides et commander des cocktails concentrés en alcool, de pouvoir enfin conduire et épater les gonzesses, d'acheter de la bière premier prix dans un petit supermarché de quartier pour pouvoir enfin se soûler en matant un bon porno entre potes... ce n'est pas mon cas. Rien que sur mon propre visage, je ne vois que de la rigidité, de la froideur, quelque chose de franchement glacial : mes traits trop secs, mes petits yeux, mon nez proéminent, mes lèvres fines sur lesquelles jamais ne s'esquissent l'ombre d'un sourire... mes défauts me sautent aux yeux, comme toujours. Tant pis, de toute façon les filles ne m'intéressent pas et je ne ressens pas le besoin de leur plaire. Malgré tout, j'observais une fois de plus mon reflet limite fantomatique accru par la lumière blanche de la petite salle de bain, et m'aperçut que j'avais une barbe naissante.
- T'inquiète pas mon beau, tu es magnifique !
_Dominic, avec son petit visage charmant de sage garçon, me fixa dans la glace avec un regard pétillant. Il se foutera toujours autant de ma gueule. C'est facile à dire pour lui : c'est un mec qui paraît dopé au socialisme ; il a un tas de poteaux, une copine à la symétrie parfaite... je me demande même ce qu'il fout encore avec moi. Il pourrait avoir nettement mieux.
_Je lui foutu mon poing dans son joli p'tit minois, qu'il réussit à éviter de justesse d'un joli mouvement de tête, avant de m'agripper en plantant ses griffes mes organes sensibles de ses mains habilement douées.
- On va bien voir si tu vas enfin baiser ce soir, mon chou.
_Je ressentis alors une vive douleur au niveau de l'entrejambe qui m'arracha comme un sourire crispé sous la souffrance de son geste non-catholique, et dut m'agripper au rebord du lavabo pour ne pas tomber par terre avec un hurlement déchirant que je ne saurais retenir. Il me sourit et éclata d'un rire coquinement malsain, puis me lâcha enfin après un temps que je cru éternel. J'ai vraiment pensé que mes couilles allaient tomber sur le sol.
- Enfoiré, je te ferais revenir un de ces jours, lui lançais-je en me massant, en essayant en vain d'atténuer la douleur.
_Il me regarda malignement, puis me passa un bras derrière mes épaules d'un geste décontracté et étonnamment détaché. Comment fait-il pour être aussi facile, pour profiter aussi simplement de la vie ? Il m'épatera toujours...
- Allez viens, il est temps d'aller fêter tout ça en boîte ! Je te trouverais bien une minette qui saura autant que moi t'exciter !
- Parce que tu crois que ça m'excite, les ongles plantés dans les boules comme un chat sur un pauvre pigeon ?
Il me gratifia d'un éclat de rire et m'entraîna au dehors.

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#Posté le jeudi 08 juillet 2010 02:44

Modifié le vendredi 17 septembre 2010 06:09

. Chapitre n°3 .


_A la vue de tous les gens qui se faisaient vider à l'entrée de la boîte, je me demandais soudain si j'aurais la chance de me faire vider dans le tas. Je n'aurais alors pas l'immense honneur de subir ce mauvais moment dans cette boîte infernale.
_Alors que je m'inquiétais et m'agitais sur place à la perspective de passer la nuit avec ma guitare, Dominic m'observa furtivement et me murmura à l'oreille d'une voix suave que je n'avais pas à m'en faire. Il pensait vraiment que je voulais être enfin un homme ce soir, et me dépuceler hein. Dommage que Chris ne soit pas là afin de contrebalancer l'obscénité de Dominic, qui allait souvent trop loin.

_Une fois rentrés, nous nous assîmes au bar, et il commença illico à commander des bières aux serveuses taille double zéro avec des formes plus que généreuses là où il le faut. Elles me lorgnaient d'un ½il méprisant, se demandant sûrement ce que je foutais là avec Dominic, qui semblait être un de leurs clients préférés vu qu'il fréquentait souvent l'endroit. Ce regard si méprisant... ça n'en a pas l'air mais ça me blesse tellement. Je pensais qu'avec le temps je me ferais à cette idée, mais j'avais tout faux. Je ressentis un pincement au c½ur, et ne put m'empêcher de me ronger les ongles.
_Frustré, je regardai ailleurs, en baladant mon regard à travers la salle, les couples qui s'embrassaient longuement et follement, qui se tripotaient dans tous les endroits qu'il pouvait en public, puis qui s'entraînaient aux toilettes en titubant et en se déshabillant. Je ne ressentis de jalousie, mais me demandais surtout si j'allais bien, si j'étais normal, car cela ne m'excitait pas du tout. Soudain, plein de questions affluèrent dans ma tête, et je ressentis le besoin de m'échapper de tout ça. Je commandai alors une bière sous les yeux étonnés de Dominic, qui allait limite me sauter aux pieds. Je lui tournai le dos et but à la paille ma bouteille, avant de boire directement dans le goulot. Une sensation euphorique m'envahissait, et Dominic m'encouragea en me tapant le dos, et en buvant cul sec son verre. Je l'observai, et fit de même. C'est presque devenu un jeu entre nous, quand je me rendis compte que je ne voyais plus nettement mes mains, qui semblaient trembler comme si j'avais une maladie. J'observai tour à tour mes doigts et le visage flou de Dominic, avant d'éclater d'un rire hystérique que je ne m'étais jamais entendu auparavant. Dominic tomba de sa chaise, et je redoublais encore plus de rire, puis il m'attrapa le pied et m'entraîna vers le sol. J'eus l'impression de tomber sur un matelas confortable rembourré de plumes, pourtant il semble que ma tête eut un vilain choc sur la chaise d'à côté, car la serveuse me regardait inquiètement, du haut du comptoir qui me semblait infiniment loin, comme si j'étais tombé dans un puits.
_En retournant ma tête, je me rendis compte que j'étais à une distance minime du visage de Dominic, et de ses lèvres où il buvait son verre. Une quantité d'alcool s'échappait de sa bouche pour couler sur son menton puis dans son cou, puis d'un instinct que j'estimais animal, je me suis mis à lécher cette bière qui m'enivrait dangereusement. Il rigola, puis essaya de se lever. Je voulais regarder l'heure sur ma montre digitale, mais je ne vis rien que des ronds lumineux, puis décida qu'il était temps d'y aller.
_A l'entrée de la boîte, Dominic se mit à courir follement vers une direction inconnue, en penchant sérieusement vers la gauche. Je le rattrapai en essayant tant bien que mal de redresser mon propre corps, qui me semblait maintenant lourd comme de la pierre. Je lui agrippai l'épaule, et il se retourna d'un coup si sec et violent que je n'eus pas le temps de voir que nous allions nous embrasser. Ses lèvres étaient si douces...
_Puis il se dégagea, et se mit à gerber sur le bitume, avec un bruit horriblement contagieux. Moi je restais là, les yeux exorbités, à regarder fixement dans le vague, en essayant de ne pas vomir comme le faisait bruyamment Dominic. Puis je tombais, et ma tête heurta si violemment le béton que je du perdre conscience, je sentis alors subrepticement Dominic retourner mon corps d'un geste ingrat et vague, puis il tomba à son tour lourdement, en crachant ses restes d'alcool.

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#Posté le jeudi 08 juillet 2010 02:52

Modifié le vendredi 17 septembre 2010 06:09

. Chapitre n°4 .


_J'ouvre les yeux. Un poster de Madonna les jambes grandes ouvertes habillées d'un seul petit short qui s'apparente à une culotte me fait face, scotché de travers au plafond. Je me levai, mais trop brutalement et rapidement pour mon corps imbibé d'alcool d'hier soir. Tout ce dont je me souviens... je sais que j'ai bu de la bière, beaucoup de bière puis... des tas d'images floues me reviennent en mémoire, assaillie par la migraine envahissante. Je tournai la tête, lentement cette fois, autour de moi et vit que c'était une chambre que je connaissais, avec son bureau disparaissant sous une tonne de fringues, éparpillées partout dans la pièce. Malgré la petitesse de la chambre, une grosse batterie occupait le coin de la chambre, à côté de la fenêtre où un halo lumineux en illuminait les cymbales. C'était beau à voir, me surpris-je à penser. Sûrement l'alcool qui me retournait la tête. Je vis Dominic dormir profondément à côté de moi, enlaçant de ses membres robustes un long traversin, lui-même serré par sa petite amie, Madison. Je détournais mon regard et lentement, je sortis une jambe du lit, puis la deuxième, à la manière interminable des personnes physiquement réduites. Je me dirigeais à petit pas vers la porte, quand une fois de plus, ma vision croisa celui de la glace. Un teint maladif, des cernes bien creusés sous mes yeux paraissant décidément plus que minuscules, une bouche desséchée, des membres mous. Eh bien, l'alcool ne me flatte pas.
_J'ouvris la porte, avec une indifférence dans les doigts, qui paraissaient rigides. Un instant, je paniquais à l'idée d'être paraplégique, et ne plus jamais jouer de guitare. Seulement, n'ayant personne à qui demander de l'aide, je me contentais de continuer ma route. Le petit appartement qu'il partageait avec Madison était en grand désordre, avec des cartons mal fermés sur le côté des couloirs. Cela faisait pourtant un an qu'il habitait là. Le papier peint flashy se décollait par endroit, et des cartons de pizza jonchaient le sol, et Dominic avait l'air d'avoir fait sauter le micro-onde, vu qu'une grande ombre noire le surplombait. C'était crade, et je soupçonnais bien un rat d'avoir élu domicile dans ce charmant dépotoir.
_Ma tête me lançait de plus en plus, et j'avais du mal à déambuler dans cet endroit, mes jambes flageolantes n'arrangeant rien. De ce fait je cherchais donc de l'aspirine dans des tiroirs, à grand hasard, quand j'entendis la voix de Dominic derrière moi, qui me valut un sursaut et un écroulement sourd de cartons près de moi.
- Désolé pour hier hein. J'arrêtais pas de te coller dans les pattes.
- Tu rigoles, chuis même soulagé d'être encore pur. Tu penses vraiment qu'à ça !
_Malgré son visage fatigué et son corps imprégné d'autant d'alcool que moi, il réussit quand même à faire un grand sourire lumineux, qui me réchauffa franchement le c½ur. J'aurais tellement voulu répondre à son sourire, mais j'eus peur de craquer littéralement la peau de mes lèvres.
- Je pense qu'à ton bien, lança-t-il, nonchalamment.
_Il prit une boîte à moitié entamée d'aspirine sous quelques livres de fac et versa de l'eau suspecte dans deux verres. Il m'en tendit un, avant de boire le sien avec ardeur, tellement d'ardeur qu'une bonne partie de l'eau coula sur son cou. Cela me rappela la soirée d'hier, nos chutes, les couples qui se remuaient dans les coins du bar et surtout le baiser qu'on avait échangé. J'ai du m'empourprer dangereusement car il m'a regardé d'un ½il inquiet et ouvrit la bouche pour dire quelque chose quand Madison débarqua, du haut de ses un mètre 80 avec ses longs membres fins et élancés. Une de ses bretelles de débardeur tombait sur son épaule, et même au réveil cette fille était parfaite. Elle me répugnait, étant donné qu'elle me rappelant tous mes défauts que j'avais. Elle se pencha pour embrasser Dominic de ses lèvres impeccables – au passage la scène était ridicule, vu que Dominic était bien plus petit. Je contemplais cette jolie romance superficielle entre eux en sirotant rapidement mon verre, puis me rendit compte qu'il n'y avait plus rien à l'intérieur. Quel con ! Je décidais de partir avant de tenir carrément la chandelle entre nos deux tourtereaux.
_En me dirigeant vers la chambre, j'entendis des gémissements de plus en plus énergiques, ce qui ne me dépêcha que plus. Dans ma hâte, je fermis de travers la braguette de mon jean sale, et me tordis de douleur, en renversant quelques cartons de plus, qui ne dérangea pas le moins du monde nos amoureux. Dehors, un vent violent me fouetta le visage, et mes longs cheveux non-coiffés partirent en vrille. Je marchais vite, aussi vite que mes jambes le permettaient, et tenta de retrouver le chemin de ma maison. Sur le chemin, un chien m'a hurlé dessus, une petite fille m'a fuit, et un vieil homme m'a décrété de retourner à San Francisco. Pourtant, je n'y prêtais pas attention, mes oreilles semblant n'avoir enregistrés que les bruits orgasmiques de mon ami.

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#Posté le jeudi 08 juillet 2010 02:54

Modifié le vendredi 17 septembre 2010 06:11

. Chapitre n°5 .

_Claquant la porte assez fort pour réveiller le monde, je me rendis compte que ma lèvre saignait, étant donné son état pitoyable à mon réveil, et en partie car je la mordais de frustration sur le chemin du retour. Le sang chaud qui coulait sur mon menton glacé me fit frissonner et je me dépêchais de compresser la plaie. Une frustration dont je n'arrive pas à identifier la source, et qui ne m'irrita que davantage. Ôtant mes vêtements trempés d'alcool et de bitume frais contre des habits autant confortables qu'informes, j'attrapai au vol ma guitare avant de me presser vers la cave de Christopher, aussi notre salle de répétition à défaut.
- Alors, t'as passé la nuit chez une fille qui a bien voulu de toi ?
_Paul, mon grand frère, se dressa devant moi de ses un mètre 85 et quelques kilos de muscles. Un sourire niais s'esquissa sur ses lèvres, soulevant ses pommettes et ses joues aussi creuses que les miennes, et je sentis que j'allais en faire les frais. Un instant je me maudis d'être son frère. La possibilité du frère illégitime n'était pas envisageable du fait que nous avions exactement le même faciès. Il m'attrapa la chevelure et me fixa droit dans les yeux.
- Qui est donc le vagin qui t'a accueilli, hein ?
- Tu déconnes, lui lançais-je d'un ton si calme qu'il me surprit moi-même.
_Il se crispa et me jeta violemment sur le côté d'un geste brutal, dans la grande cuisine de la maison de ma mère divorcée. Ma tête frappa le carrelage froid, et mon esprit sembla comme se réveiller soudain. J'eus à peine le temps de lui balancer ma guitare dans les parties et de me tirer en vitesse, sans me retourner.
_Arrivé devant chez Christopher, je sonnai impatiemment, comme si j'avais peur que Paul me rattrape. Le visage blême, j'entrai hâtivement en bousculant Chris et en rabattant la lourde porte derrière moi. Il me regarda d'un air interrogatif avant de décider que ce n'était pas ses affaires. La sagesse de Chris, voilà ce que j'admire chez lui.
- Où est Dominic ? Vous avez passé une bonne soirée hier ?
- Il baise, mais oui c'était sympa.
_Nous dirigeant vers la cave, je lui parlais vaguement de ce qu'on a fait, avant de brancher soigneusement ma guitare dans l'ampli, et de commencer à l'accorder, plus pour me donner une contenance que par envie. D'autant plus qu'elle était déjà accordée. Christopher me scruta, inquiet, et me demanda si j'allais bien.
- L'alcool. Ca te retourne le cerveau, crois-moi.
- Pourquoi tu dis ça ? Tu me caches quelque chose non ?
Toujours aussi perspicace. Je sus que je n'arriverais jamais à lui cacher, et qu'il me tirera les vers du nez jusqu'au bout. Puis il ne se moquerait pas de moi, c'est quelqu'un d'ouvert, contrairement à mon frère par exemple.
- Ben, on était tous les deux bourrés jusque dans les couilles et on s'est embrassés, Et c'est tout.
Il me regarda un instant, ce qui me fit remettre en doute ce que je venais de dire. Puis il retourna à sa basse et dit simplement :
- C'est tout ? Pas de quoi s'inquiéter, rassure-toi.
_Dominic déboula enfin, avec les vêtements de travers et la braguette ouverte. J'ai du m'attarder longtemps dessus, car Chris suivit mon regard et chuchota à Dom de la fermer. Culpabilisant, je détournai les yeux. Qu'est-ce qui me prend décidément ? Dom m'aperçut, s'approcha de moi et me mit une main sur le front.
- Hey ça va ? T'es tout rouge.
- Ca va, laisse-moi.
M'arrachant de sa main, je déclarai :
- Faudrait qu'on s'y mette, le concours Battle of the Band arrive bientôt.
_Dominic, toujours aussi insouciant, ne prit même, pas le temps de s'asseoir derrière la batterie avant d'ouvrir une bière. Je lui arrachai violemment des mains et lui lançai un regard menaçant.
- Eh, tu crois pas qu'il serait temps de bosser là ? T'as vraiment envie de le gagner ce concours ?
Je me retournai poser la bière sur une des amplis, avant de me prendre un coup de poing dans la figure. Dominic avait l'air enragé, et respirait bruyamment... l'alcool hein.
- Bien sur que j'ai envie de gagner, de devenir célèbre et enfin être reconnu. Tu me prends pour qui ?
_Furieux, il s'installa derrière la batterie. Nous entamâmes alors cette chanson. Nous étions à fond, comme possédés. Je sais bien qu'il y avait encore beaucoup d'efforts à faire, mais rien que le fait d'être ainsi transcendés me transporta de joie, et ne me fit jouer que mieux. Christopher balançai sa tête sur le rythme entraînant de la chanson. Nos cheveux longs se remuaient dans tous les sens, et Chris et moi sautions autant que permettait l'espace de la cave. Je me reteins même de propulser ma guitare contre les murs à la fin.

*****

_Buvant mon soda à pleine gorgée, je fus pleinement satisfait de cette matinée passée à jouer, sans voir le temps passer. Chris partit en haut réchauffer des plats, pendant que Dominic et moi restions là à boire jusqu'à plus soif. Il me regarda et posa une question si banale et si simple qu'elle m'énerva. Non il ne pouvait pas savoir, si moi non plus je ne savais pas.
- Pourquoi t'es parti si vite tout à l'heure ? Je t'aurais accompagné.
- J'avais besoin de me changer.
- J'aurais pu te prêter des vêtements, tu sais.
- Ouais je sais, lui répondis-je d'un ton sec, si sec que je fus suspect. Mais tu baisais.
Il me plaqua contre le mur, son corps étrangement si près du mien que je rougis. Il m'attrapa le bras, et murmura d'un ton sucré, sûrement pour me narguer et se moquer ouvertement de moi.
- Et alors, t'es jaloux ?
_Il plaqua son sexe contre le mien, et je sentis qu'il était encore excité par ses petites acrobaties avec Madison. Ou peut-être était-il encore sérieusement bourré. Il avait envie, c'était clair. Curieusement, moi aussi j'en avais envie, en ce moment même, mais pas question de faire des cochonneries avec un ami qui m'est aussi cher que Dom. Je me dégageai de son étreinte, juste à temps avant que Chris n'arrive avec des spaghettis réchauffés, dégoulinants de sauce tomate. Il ne soupçonna rien, et servit d'un ton enjoué.
Je culpabilise. Baisse les yeux.


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#Posté le jeudi 08 juillet 2010 02:56

Modifié le vendredi 17 septembre 2010 06:13

. Chapitre n°6 .


- Allez salut !
_Dominic et moi repartions chez nous vers 22h30, dans une tension palpable. Il faisait nuit noire, et on ne se distinguait pas vraiment, ce qui ne fut d'un grand avantage à mon égard. La pleine lune, de temps en temps voilée par un nuage vicieux, éclatait dans le ciel sombre moucheté d'étoiles. La rue fleurait bon la chaleur nocturne de juin, d'écorces et de gazons fraîchement tondus, mélangé à une désagréable odeur de bitume autant chauffé que mouillé par une récente pluie typiquement anglaise. Des bruits s'échappaient des maisons éclairées; des bruits de jeu télévisés animés, de rires chaleureux de famille rassemblées autour d'un bon repas, d'assiettes cassées et de c½urs brisés. C'était vraiment glauque, et sporadiquement une chouette hululait dans les buissons. Le bruit indiscret du pied de Dominic qui frappait dans un caillou m'agaça, et quand je me tournai pour le dévisager, il baissa la tête et fixa le sol comme à la recherche de réconfort.
_Une voiture passant pas là nous illumina de ses phares puissants, et j'aperçus à mon grand étonnement le visage peiné de Dominic. Il s'en voulait, mais je ne me doutais pas que c'était à ce point. Il sentit mon regard inquisiteur sur lui, et m'octroya un sourire triste. C'en était trop, trop pour lui comme trop pour moi, et je m'avançai d'un pas incertain vers lui. Avec douceur, je l'appuyai sur la barrière de bois, dont l'écorce rugueuse imbibée d'humidité ne me stimula que plus. Je lui effleurai tout d'abord les lèvres et mis ma main dans ses doux cheveux. J'entraperçus son regard exaltant, et nos langues se rencontrèrent. Je l'embrassais de plus en plus fougueusement avec une passion ardente, sous le regard d'hulottes aux yeux fureteurs, et prit mon visage dans ses mains moites à plus grande julibation. Nos mains descendaient de plus en plus bas, et ce fut sans pudeur que nous nous explorions, comme si nous avions tourné autour du pot si longtemps que nous rattrapions en ce moment même le temps perdu. Un insecte me taquinait étrangement la jambe, et ne fit qu'accroître mon désir.
_Si ce chien n'avait pas surgi du buisson, je doute qu'on se serait arrêtés. Il nous fit tellement peur que je lâchai derechef les cheveux de Dominic pour prendre sa main et détaler comme des lapins. Je m'effondrais d'un rire déchaîné au bout de quelques dizaines de mètres malgré mon assoufflement, et Dominic fit de même en pouffant à genoux, sur le sol, près de moi. Si près de moi... J'observis le ciel un instant avant de me lever et de raccompagner Dom chez lui. Il était tard, et j'appréciais trop ce moment, me le ressassant dans mon esprit, que je ne songea pas un instant que je devais être homo. Cette question trotta dans ma tête toute la nuit, et au petit matin je n'arrivais toujours pas à y répondre.
Mes doutes n'eurent le temps d'être fondés, car le lendemain je rencontrerais Tanya Andrew.


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#Posté le jeudi 08 juillet 2010 08:51

Modifié le samedi 18 septembre 2010 05:02

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